31 mai 2007

Mission impossible

Quai de La Défense, Fin de rush de 9h30...

En remontant, je jette un oeil sur l'escalator descendant... Et hop ! Un marque-page s'envole (voouuuu !) et retombe dans les marches d'escalier à côté. A ce moment là, une opération express s'opère : Un homme de l'escalier, en train de monter, récupère l'objet volant identifié, le donne rapidement à un homme alerte de l'escalier roulant, qui se retourne et appelle la jeunette 3 marches en dessous, pour lui tendre à bout de bras son marque-page, juste avant que l'escalator ne demande regard et attention pour ne pas rater l'arrivée sur la terre ferme.
Ouf. Mission accomplie. Une belle équipe, ma foi. Tout sourire. Et 6 secondes épatantes au milieu de ces souterrains engourdis.

.Strapontaine.

23 mai 2007

Petit geste discret

Quai du RER A, La Défense, Heure de pointe épaisse…

L’affluence est telle qu’on fait la queue à l’entrée des escalators pour toute sortie ou correspondance. J’aime regarder les gens là. Ceux qui regardent leurs pieds en attendant que ceux d’à côté avancent, ceux qui tracent dans les escaliers non mécaniques à tout berzingue pour se prouver que c’est plus rapide par là, ceux qui s’impatientent et essaient de doubler par tous les moyens, les résignés, les paresseux, les réveillés, les endormis… Et au milieu de tout ce fatras, un jeune gars aux cheveux courts et noirs, blouson de cuir noir, lunettes, mp3 sur les oreilles, guide en toute galanterie sa rivale d’entrée d’escalator et sinistre inconnue d’une 40aines d’années, d’une main éloignée de son dos, comme pour couper court aux opportunistes, vers la première marche de l’escalator en lui indiquant une place de reine. Elle, n’en a rien vu, sauf la place qui lui est accordée de prendre sur la file de droite. Et lui, de prendre la file de gauche, celle qui monte les marche de l’escalator. Un geste joli, courtois, gratuit, en toute modestie et toute simplicité pour la beauté de l’humanité. Encore !!! On en veut d’autres !!

.Strapontaine.

20 ans

RER A, Un jour d'été…

Je suis assise dans un carré, avec 2 autres filles. Un gars avec un bandeau autour de la tête, short, baskets et mollets poilus, arrive et pose son gros sac à dos dans le couloir central et vient s'asseoir à ma droite, près de la fenêtre. Il sort un crayon à papier et une feuille sortie d'une imprimante, sur lequel il est totalement impossible de voir le contenu imprimé tellement elle est  gribouillée au crayon à papier de partout. Là, il se met à scruter sa voisine d'en face de haut en bas, de droite à gauche et se met soudainement à écrire nerveusement : '20 ans' qu'il entoure d'un cercle. Il réécrit ce même '20 ans' ailleurs, là où il reste un brin de place. Puis il relève la tête, examine encore la fille et écrit énergiquement 'jupe', qu'il entoure aussi ; trace une flèche, qui rejoint un autre cercle, puis retourne la feuille, continue de l'autre côté, trace des traits, des ronds, écrit des '20 ans' dans un cercle partout. Puis il relève la tête à nouveau… Regarde ma voisine d'en face à son tour... Passe par les cheveux, les vêtements, les épaules, les genoux... Et se remet à écrire frénétiquement '20 ans' '20 ans' '20 ans', entoure, flèche, gribouille, rature, tourne la feuille et retourne la feuille, des traits, des ronds… En jetant un œil sur son papier, je vois également écrit dans des ronds '30 ans', 'bandeau', 'chapeau', '50 ans', 'gants', 'moustache', 'livre', 'bracelet'… Et là, son regard de biais se penche sur moi… Entre amusement, curiosité et scepticisme, je reste tranquille, je ne le regarde pas. Il écrit. Je regarde : '20 ans' et encore '20 ans', des flèches, des ronds, '20 ans' '20 ans', et encore '20 ans'… Hé hé. Raté. J'en ai 28.


.Strapontaine.

10 mai 2007

Nation

RER A, le matin, l'heure de pointe

629fcff7149c1dcb3d2a4b5e3b1b2871.jpgElle se faufile entre les épaules et les sacs agglutinés, et demande à TOUS les passagers, ceux qui sont désagréables, ceux qui dorment, ceux qui écoutent de la musique, et les autres, en tendant un tout-petit bout de papier et un stylo à chacun : "Bonjour, ça serait possible d'écrire NATION sur ce papier?"  "... C'est parce que j'écris un livre..." Et elle accumule les petits papiers nationalisés dans son sac à main.

¤ Navigotte ¤

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